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Andrée-Anne Perreault, une exportatrice sociale!

01-11-2018 / Succès d'entrepreneur

La vie d’entrepreneure roule souvent à 200 km/h. Voilà l’impression que vous aurez d’Andrée-Anne Perreault si vous la rencontrez dans un café entre deux rendez-vous chez des fournisseurs. La présidente et directrice générale de Dahlia Wrap, sa PME fondée en 2015, est une femme d’affaires vive, généreuse de son attention et volubile, bref une one-woman-show.

Peut-être aviez-vous vu sa présentation avec aplomb à l’émission Dans l’œil du dragon à Radio-Canada? Si, de surcroit, vous lui parlez de marketing en ligne, elle s’anime encore plus! « Si je ne pouvais faire que cela de mes journées de travail, je serais la plus heureuse. »

Cette passion lui a sans doute aidé à remporter le prix MercadOr 2018 pour sa stratégie numérique à l’international remis le mois dernier au Centre-du-Québec par Carrefour Québec international (CQI).

CQI : Parlez-nous de Dahlia Wrap.

AAP : Dahlia Wrap fabrique et vend des écharpes de portage pour bébé d’entrée de gamme à haut de gamme. Nous créons les designs, nous sélectionnons nos fils que nous faisons ensuite tisser chez nos fournisseurs-artisans européens avec des entrelacements particuliers. Nous faisons tailler et nous cousons nos écharpes ici, dans la région. Puis, elles sont expédiées au Canada et dans plusieurs pays.

CQI : Pourquoi faites-vous affaire avec des fournisseurs européens?

AAP : Il n’existe pas ici de tisseur avec les spécialités que nous recherchons. Nos jacquards sont conçus pour offrir à la fois de la résistance, du confort et un design exclusif. Nous avons testé des fournisseurs en Inde, mais le résultat ne correspondait pas à nos attentes. Les Européens ont conservé une tradition d’artisan qu’on ne retrouve pas ailleurs. Les standards de qualité pour tout ce qui peut toucher les bébés sont inégalés. Je suis allée les rencontrer. J’ai visité leur atelier. J’ai dîné avec leur famille et nos enfants ont joué ensemble. Ce sont aussi de belles relations d’affaires que nous avons nouées.

CQI : Exportez-vous depuis le début?

AAP : Dahlia Wrap a été créée pour répondre à une lacune nord-américaine d’écharpes de portage efficaces et confortables. L’entreprise vend principalement au Québec et dans le reste du Canada, mais nos écharpes sont aussi prisées dans plusieurs pays, particulièrement en Croatie, en République tchèque, en Pologne et en France. Au début, je prenais toutes les demandes reçues sur notre site Web comme de nouveaux marchés potentiels, ce qui me demandait beaucoup de temps. J’ai appris à mieux cibler les marchés pour concentrer mes efforts.

CQI : Avez-vous rencontré des difficultés à l’exportation?

AAP : Oui. Certaines clientes européennes n’appréciaient pas les frais administratifs qu’imposait notre transporteur original en sus de notre prix de vente. Nous avons dû gérer ce mécontentement, notamment en ligne. Ce qui n’est pas amusant à faire. Notre marque a souffert sur certains marchés. Heureusement, nous avons découvert que Postes Canada n’ajoute pas ces frais. Nos clientes étaient prêtes à attendre quelques jours de plus pour recevoir leur écharpe. Nous avons pu absorber la différence de coût d’envoi. Nous avons beaucoup appris. Par exemple aujourd’hui, avant de commencer nos démarches marketing ciblées vers la Russie, nous nous sommes informés de toutes les règles de conformité et nous connaissons les coûts d’envoi spécifiques à ce pays.

CQI : Pouvez-vous expliquer les grandes lignes de votre stratégie numérique?

AAP : J’ai participé à quelques salons et nous offrons certaines écharpes d’entrée de gamme dans une boutique partenaire, mais Dahlia Wrap vend ses produits en ligne à 98%. Notre stratégie marketing se concentre sur quelques médias sociaux : Instagram et, surtout, Facebook. Nous travaillons en particulier à l’intérieur de groupes publics et privés sur ce média.

Au début, c’était assez facile de lancer de nouvelles promotions et activités sur les médias sociaux. J’étais à une foire sur le portage à Paris lorsque j’ai réalisé que la marque Dahlia Wrap gagnerait à présenter une image plus multiculturelle, une mixité des visages. Le soir même à l’hôtel, j’appelais mon assistante au Québec pour qu’on lance « Porteuses autour du monde ». Le projet visait à « recruter » des mères qui étaient prêtes à partager leur histoire de portage et à se faire prendre en photo par un photographe professionnel local – ce qui en soi a été un défi de recherche de fournisseur.

Déjà, le lendemain, les Françaises que je rencontrais au salon avaient vu le lancement et souhaitaient s’inscrire! Finalement, nous avons pu représenter 42 pays, y compris des participantes d’aussi loin que le Brésil et Singapour. Cette campagne a été une source de visibilité très importante.

CQI : Faites-vous appel à des influenceurs?

AAP : Non. Les influenceurs ont un peu perdu la cote auprès de notre clientèle. Ils sonnent parfois faux. Je préfère connecter avec les vraies mamans porteuses (et papas porteurs aussi), leur proposer d’essayer nos produits et d’en parler. Certaines de nos écharpes voyageuses se promènent de pays en pays.

Vous savez, Dahlia Wrap ne cherche pas à obtenir le plus d’abonnés possible sur ses médias. Il est beaucoup plus intéressant pour nous d’offrir des images soignées, du contenu vidéo intéressant et des articles qui touchent notre clientèle au cœur de ses préoccupations. J’ai même supprimé des mentions « j’aime » inactives ou qui ne correspondaient pas à des clients potentiels pour obtenir des résultats plus rentables au bout du compte.

CQI : Comment avez-vous appris à travailler avec les médias numériques?

AAP : J’ai fait beaucoup de lectures et de visionnements en ligne. D’abord, j’ai fonctionné par essais et cela a bien servi la croissance de Dahlia Wrap. C’était relativement facile d’avoir une bonne portée organique jusqu’à ce que Facebook modifie son algorithme.

Comme pour plusieurs entreprises, notre visibilité a chuté drastiquement. Je me suis armée d’applications me permettant de suivre attentivement le trafic en ligne et les ventes qui en résultaient. J’ai commencé à acheter de la publicité sur Facebook et aussi via Google Adwords.

Maintenant, je fais encore plus attention à mon entonnoir de conversion : attention, intérêt, désir, action, vente, suivi. Le comportement d’achat en ligne est un comportement social qui me passionne. J’adore faire des recherches pour me perfectionner dans ce domaine.

CQI : Auriez-vous un conseil à donner aux exportateurs?

AAP : Bien qu’on puisse faire nos propres recherches, on ne peut pas tout savoir. Il faut s’entourer. Allez voir les professionnels, les firmes et les organismes comme le Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec (MESI) et Carrefour Québec international (CQI). Soyez proactifs et demandez de l’aide! Parfois, une rencontre de trois heures peut changer votre parcours. Mais aussi, n’hésitez pas à vous impliquer dans vos médias numériques. En tant que dirigeant d’entreprise, vous êtes la personne la mieux placée pour connaître et pour transmettre VOTRE marque.

Voyez le site de Dahlia Wrap ici > https://dahliawrap.com/

Propos recueillis par Tanya Lauzière
Conseillère en image de marque et stratégie de commercialisation Web
Carrefour Québec international

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