Catherine Gervais, directrice générale de Carrefour Québec international rencontre Michael Cantin, président de 2.0 food | snö dairy free & move protein. Fondé à Trois-Rivières, Snö produit des délices glacés sans produits laitiers et faits à base d’avoine. Ils sont aussi sans gluten, véganes, sans allergènes et ils utilisent des ingrédients bios. Vendu sur les tablettes locales depuis 2018, Snö prend de l’expansion et voyage maintenant d’un océan à l’autre. (Source : www.snodairyfree.com)
Dans cet épisode, Catherine découvre le parcours de Michael qui l’a mené d’étudiant à vendeur puis à entrepreneur, de la création de la marque Snö et de sa gamme de produits décadents et de son intéressant modèle d’affaires. Michael souligne l’importance de démarquer son offre et dévoile ses bons coups marketing : le lancement d’un produit répondant à un manque dans un segment, la saisonnalité des produits et les exclusivités.
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Les Exportants, Épisode 14
Positionnement de marque avec Michael Cantin, fondateur de SNÖ Dairy Free
Balado Les Exportants | Carrefour Québec International
Catherine Gervais : Bonjour et bienvenue au balado Les Exportants, une initiative de Carrefour Québec International. Aujourd’hui, j’ai la chance de discuter avec Michael Cantin de l’entreprise SNÖ, une petite entreprise qui offre des produits à base d’avoine — des sandwichs à la crème glacée à l’avoine, des pots de glace à la vanille, et toute une gamme de saveurs saisonnières comme la citrouille à l’automne. C’est vraiment un super produit pour ceux qui ont des allergies et qui désirent quand même manger des desserts glacés.
Catherine Gervais : SNÖ est une entreprise qu’on affectionne beaucoup dans l’équipe de CQI. On a travaillé avec eux sur le positionnement. Ma collègue Anne-Marie, qui a suivi de près leurs produits, m’en parle régulièrement. Ça m’a donc fait vraiment plaisir de rencontrer Michael. C’est un jeune entrepreneur qui a démarré son entreprise il n’y a pas très longtemps et qui connaît une croissance fulgurante, avec aujourd’hui 1 500 points de vente. Son succès, il l’attribue entre autres au soin apporté à chaque détail. Il est aussi un amateur de Saint-Laurent, il va nous en parler. Il va nous parler de ses bons coups et donner quelques conseils pour les entrepreneurs qui désirent se lancer, entre autres dans le domaine de l’agroalimentaire. Bonne écoute !
Catherine Gervais : Aujourd’hui, j’ai la chance de discuter avec Michael Cantin de l’entreprise SNÖ, qui au départ s’appelait 2.0 Food. Présente-toi un peu.
Michael Cantin : Bien sûr. J’ai étudié en technique de nutrition, j’avais une passion pour la nutrition. Cette passion a évolué vers la gestion des affaires, c’est là que j’ai étudié à HEC Montréal en gestion d’entreprise. Tout de suite en terminant mes études, j’ai eu l’idée de lancer mon entreprise — allier l’amour de la nourriture et l’amour de l’entrepreneuriat dans le domaine alimentaire.
Catherine Gervais : Est-ce que tu pensais déjà à ton projet d’entreprise quand tu étais à l’école ?
Michael Cantin : Ça m’a toujours habité. Je le voyais dans ma famille, je voyais des gens qui avaient cette fibre-là. J’ai accumulé beaucoup d’expérience en étant étudiant — j’ai travaillé dans les ventes pour plusieurs compagnies, entre autres dans les boissons. Ça m’a donné beaucoup de connaissances sur le marché alimentaire.
Catherine Gervais : Tes parents sont entrepreneurs ?
Michael Cantin : Non, pas vraiment. Mais ils m’ont encouragé. Ma mère m’a conseillé tout au long du parcours. Elle fait partie des personnes à qui je parle beaucoup de mes défis, et elle m’a encouragé à trouver des solutions. Je trouve ça vraiment précieux.
Catherine Gervais : Parle-moi de 2.0 Food. C’est quoi ce modèle-là ?
Michael Cantin : 2.0 Food, c’est une compagnie de courtage alimentaire. On faisait la représentation de produits, on visitait les magasins pour présenter des nouveaux produits. Mon but, c’était vraiment d’aider les compagnies locales et québécoises à trouver des marchés, comme IGA, Metro, les marchés provigo. Ça a commencé comme ça. Et en 2018, j’ai eu l’idée de lancer SNÖ, une compagnie de desserts glacés 100 % sans produits laitiers.
Catherine Gervais : Comment est venue l’idée ? Est-ce que tu avais voyagé et tu avais vu des produits comme ça à l’étranger, ou c’est vraiment venu de toi ?
Michael Cantin : Il y avait des compagnies qui faisaient des produits similaires, mais je trouvais que les versions décadentes manquaient. C’était toujours des versions plus santé, avec des saveurs comme les verts ou des choses comme ça, mais moi, quand je veux de la crème glacée, je veux du vrai chocolat ! Je trouvais qu’il y avait une opportunité, et c’est là que j’ai vu la porte ouverte. Il n’y avait aucune compagnie québécoise dans ce créneau au moment où j’ai lancé SNÖ.
Catherine Gervais : C’est quoi votre positionnement, le compromis dont tu parlais ?
Michael Cantin : Chaque produit part de l’idée d’urgence de décadence — on travaille beaucoup le goût et c’est un compromis sous plusieurs angles. On est un produit qui réduit les allergènes. Nos produits n’ont aucun des allergènes principaux. On est aussi fabriqué en bonne partie au Québec. Et on est un produit accessible à tous — les saveurs sont choisies en fonction de ce que les gens recherchaient, selon mes goûts en tant que consommateur de crèmes glacées.
Catherine Gervais : Quand tu as lancé l’entreprise, tu avais combien de produits à proposer ?
Michael Cantin : On a commencé avec cinq pots de 500 ml. On avait le brownie, le chocolat, le caramel, et deux autres saveurs. Le produit que j’ai préféré personnellement, c’est le rambo — chocolat blanc. Depuis, on a ajouté des nouveaux produits. L’année passée, on est sorti avec le sandwich, et cette année on a intégré des barres à base d’avoine.
Catherine Gervais : Est-ce que vous allez faire des produits à base de soya, ou c’est seulement l’avoine ?
Michael Cantin : On a préféré l’avoine pour les personnes qui avaient des allergies aux dérivés du soya ou qui essayaient de réduire leur consommation de produits à base de soya. L’avoine, pour nous, c’était le choix naturel.
Catherine Gervais : J’imagine que ta force, c’était ton réseau déjà développé auprès des épiceries ?
Michael Cantin : Exactement. Notre force, c’est vraiment la vente et le marketing. C’est un plus pour nous, c’est ce qui nous distingue. Je remercie énormément Loblaws et Metro qui ont cru en nous. Il faut garder ses promesses — si tu promets quelque chose, il faut livrer.
Catherine Gervais : Pour toi, le marketing c’est quoi ? C’est l’image, le message, la relation ?
Michael Cantin : Je dirais que de plus en plus, c’est la personne derrière la compagnie. Les gens veulent savoir qui est derrière la marque. Il faut que ce soit plus que juste un produit — les gens achètent maintenant une compagnie parce qu’ils croient en ses valeurs. C’est comme l’exemple de Starbucks : les gens ne veulent pas juste boire un café, ils veulent boire Starbucks. On veut créer cette même appartenance avec SNÖ.
Catherine Gervais : Sur la carte de vos points de vente, c’était impressionnant — vous vendez partout au Canada, et vous avez commencé à vendre aux États-Unis aussi ?
Michael Cantin : Oui, on a commencé notre présence aux États-Unis. On présente nos produits comme parmi les plus uniques sur le marché. Il y a déjà plusieurs marques aux États-Unis, mais on pense qu’on peut se démarquer avec des recettes uniques et une histoire authentique. C’est un peu le combat que l’on mène — le fameux biscuit avec de l’huile de palme qu’on connaît bien, on essaie vraiment d’aller chercher la même expérience gustative avec des ingrédients naturels et de qualité.
Catherine Gervais : Tu as mentionné que vous adaptez vos emballages pour les États-Unis. En quoi est-ce différent ?
Michael Cantin : La grosse différence, c’est qu’on va modifier un peu notre approche pour aller chercher une approche plus américaine. On sait qu’ils ont beaucoup de certifications, qu’ils aiment le sans OGM, le vegan, le sans gluten. On va donc mettre de l’avant ce qu’eux veulent voir. Ici au Québec, c’est d’autres choses qu’on préfère mettre en valeur. Le fond reste le même sur tous nos emballages — ce qui prime, c’est la conviction et la fierté. On explique aux gens les allergènes, ce qu’on n’a pas dans nos produits, pour que les gens sachent immédiatement ce qu’ils peuvent consommer.
Catherine Gervais : Tu as une présentation bientôt à l’automne à Chicago. Comment est-ce que tu te prépares ?
Michael Cantin : On travaille sur tout ce dont on a besoin — on a investi dans notre kiosque. Pour ma part, c’est une présentation sur laquelle je veux vraiment que SNÖ brille dans les moindres détails. Je répète plusieurs fois la présentation devant des gens qui ajustent et améliorent, parce que je crois beaucoup que c’est la première impression qui va compter. C’est une belle opportunité d’avoir des distributeurs et des courtiers en face de nous — des gens qui se sont déplacés justement pour nous écouter.
Catherine Gervais : Est-ce que vous avez une communauté sur les médias sociaux ?
Michael Cantin : Oui, on la développe. On recommence de façon plus agressive depuis la dernière demi-année pour aller chercher plus d’abonnés. On fait des choix d’utiliser les bons outils. On a maintenant presque plus de 500 commandes en attente — c’est une belle croissance. On travaille aussi beaucoup sur notre message — parler de nos ingrédients, être transparents. Les gens veulent savoir ce qu’ils mangent.
Catherine Gervais : C’est quoi tes plus grands bons coups depuis le début ?
Michael Cantin : Les partenariats stratégiques. C’est quelque chose qui nous a vraiment apporté. Le truc, c’est de trouver le bon contact, la bonne personne. C’est souvent le plus difficile. Je suis beaucoup les réseaux sociaux pour ça. Pour trouver les personnes responsables, je vais chercher leur adresse courriel sur leur page, ou je leur demande une connexion et j’envoie un message personnalisé. Il faut juste faire confiance à ses instincts et ne pas tourner les coins ronds.
Catherine Gervais : Pour terminer, c’est quoi ton meilleur conseil — et peut-être aussi la chose à ne pas faire — pour un entrepreneur qui veut se lancer ?
Michael Cantin : Je dirais : prendre le temps. Tout ça prend du temps. Il faut trouver les bons partenaires, parce que les erreurs à ce niveau peuvent coûter cher. C’est beaucoup plus dur de récupérer un client déçu que d’en faire un nouveau. Ne pas tourner les coins ronds, ne pas prendre les chemins les plus faciles — des fois ça te ramène en arrière. Je fais moi-même des erreurs, mais si je pouvais revenir en arrière, je prendrais encore plus le temps de stabiliser avant de monter.
Catherine Gervais : C’est de bons conseils. Merci beaucoup Michael !
Michael Cantin : Merci à toi !
Note : Cette transcription a été reconstituée et améliorée à partir de la transcription automatique générée par YouTube. Certains passages ont été reformulés pour en assurer la clarté et la cohérence, tout en demeurant fidèles au contenu original de l’épisode.