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NGC Aérospatiale : des innovations d’ici, partout sur la planète et dans l’espace!

05-12-2016 / Succès d'entrepreneur

Passion, vision et engagement! Voilà trois mots qui caractérisent notre entrepreneur vedette de cette édition de l’infolettre : M. Jean de Lafontaine, président de NGC Aérospatiale. Située à Sherbrooke, NGC se spécialise dans la conception et le déploiement de systèmes de vision artificielle, de guidage, de navigation et de commande autonomes pour véhicules terrestres, aéronautiques et spatiaux. Récemment installée dans de nouveaux locaux, l’entreprise compte 16 employés. Voici donc le résumé de cet entretien des plus captivants avec un entrepreneur pour qui l’application pratique de la science est une véritable devise et motivation.

Tout d’abord, qu’est-ce qui vous a amené à fonder votre entreprise?

À la fin de mes études, j’ai travaillé pendant une dizaine d’années pour l’Agence spatiale européenne où j’ai participé au projet de la sonde spatiale Rosetta et à sa mission d’atterrissage sur une comète. C’est là que j’ai développé mon expertise et ma réputation en systèmes autonomes et intelligents. J’ai ensuite oeuvré un an à l’Agence aérospatiale japonaise et je suis revenu au Québec en 1999 à titre de professeur en génie électrique et informatique à l’Université de Sherbrooke.

Puis, l’Agence spatiale européenne m’a recontacté pour les aider dans un autre projet de satellite autonome. À cette époque j’enseignais à temps plein à l’université et je travaillais au projet par pur plaisir, chez moi dans mon sous-sol, le soir et le week-end. C’est à partir de ce projet que j’ai décidé de fonder NGC Aérospatiale, en 2001.

Nous travaillons principalement avec les gouvernements et les agences aérospatiales notamment en Allemagne, en France, en Angleterre, en Espagne et en Italie. Nul n’étant prophète dans son pays, ce n’est que plus tard que nous avons été reconnus au Canada.

Comment avez-vous réussi à percer dans ce secteur ?

Étant une petite entreprise nous sommes très flexibles aux demandes du client mais ce qui nous a mis sur la carte c’est l’innovation. Nous avons toujours été quelques années en avance sur nos compétiteurs. Nous sommes à l’origine de deux innovations majeures.

La première innovation est que nous avons réussi à transférer l’intelligence des opérateurs de satellite de la station au sol vers un logiciel à l’intérieur même du satellite, permettant à la ressource humaine d’être un superviseur plutôt qu’un exécutant pouvant contrôler plusieurs satellites à la fois, ce qui facilite son travail et réduit les coûts d’opération.

La deuxième découle de la première puisque nous avons automatisé la conception, le développement et la validation du logiciel de vol. C’est-à-dire que la programmation se fait par des humains sur une interface graphique conviviale, modulaire et structurée, mais le code embarqué qui résidera dans l’ordinateur du satellite est écrit par ce même logiciel, réduisant ainsi les erreurs humaines. Nous sommes un précurseur au Canada et en Europe dans le développement de cette technologie.

Votre secteur demande un haut niveau de qualification, rencontrez-vous des difficultés en matière de recrutement de personnel?

En effet, nous sommes dans un secteur très pointu et la main d’œuvre représente un défi. Mes premiers ingénieurs étaient essentiellement des étudiants que j’avais formés, mais il manque de finissant. Je recrute maintenant jusqu’à Toronto et Ottawa. Quand nous accueillons un nouveau collaborateur, il y a une longue période de formation à l’interne. Former un nouvel employé chez NGC pour qu’il soit entièrement fonctionnel peut prendre jusqu’à un an.

Quel défi a été pour vous le plus difficile à relever?

Le plus difficile est de faire face à l’incertitude et aux risques liés à notre secteur. Comme entrepreneur, plusieurs personnes dépendent de nous et quand les contrats ne sont pas au rendez-vous, on se sent responsable.

Tout ce qui est du domaine spatial relève étroitement des gouvernements. On est en quelque sorte dépendant de leurs budgets, des coupures, des priorités, etc. On peut travailler sur un projet pendant 3-4 ans et du jour au lendemain, c’est terminé!

C’est donc un marché très limité. C’est pourquoi nous avons commencé à développer d’autres produits, comme les systèmes intelligents pour drones, un système de cartographie 3D et la vente de licence d’utilisation de notre propriété intellectuelle. Nous avons actuellement un projet en ce sens en Amérique latine pour l’utilisation de notre technologie et de nos façons faire. Nous souhaitons diversifier davantage nos marchés.

Il existe plusieurs drones sur le marché, en quoi se différencie votre produit?

Nous développons deux systèmes pour les drones. Le premier rend les drones intelligents en ce sens qu’il leur permet de détecter et d’éviter de façon autonome les obstacles tels les fils électriques, les arbres, les édifices, etc. C’est une technologie habilitante pour l’éventuelle certification des drones. Le deuxième produit est un système de cartographie 3D qui combine tous les capteurs en un seul appareil : GPS, caméras, technologie lidar. Monté sur un drone, il permet de reconstruire en temps réel sur ordinateur une image en trois dimensions de la forme, de la couleur et de la texture des objets, soit un édifice, une forêt, un pont ou une scène d’accident, pour fins d’inspection, d’analyse ou de mesure. Toutes les données étant géo-référencées avec le GPS, la mesure de distance, de surface et de volume, de même que la détection de changement entre deux images, sont possibles. Nous avons d’ailleurs travaillé avec le CQI pour identifier des marchés et des clients dans des domaines spécialisés où l’utilisation de notre système de cartographie représenterait une plus-value. Nous continuons aussi à développer nos prototypes intelligents de détection et d’évitement d’obstacles pour les rendre encore plus autonomes et sécuritaires tout en explorant les différentes possibilités de commercialisation.

Au cours de votre carrière, quel a été votre projet le plus marquant?

Je crois que c’est le premier satellite autonome que j’ai réalisé avec l’Agence spatiale européenne. Cette innovation a créé un grand bouleversement dans le domaine de la conception et de l’opération de satellites. Quand j’étais en train de le faire, je ne le réalisais pas, mais c’est ce qui a mené à la création de NGC. J’avais des idées de développement, des contacts, des ressources, etc. et j’ai pu former une équipe de rêve!

En tant qu’entrepreneur, de quoi êtes-vous le plus fier?

Comme entrepreneur, c’est d’avoir réussi à former cette équipe de rêve, à transmettre et étendre mes connaissances à mes collègues. À plusieurs on peut faire tellement plus! Je l’ai vécu, car j’ai commencé seul. Avoir pu monter une telle équipe me rend très fier, car ils sont en mesure de faire beaucoup plus que ce que j’aurais pu faire. Ensemble nous avons atteint un niveau de réalisation qui nous permet de demeurer à l’avant-garde et d’innover, d’être flexibles et compétitifs et de pouvoir mener à bien des projets de grande envergure.

Qu’est-ce qui s’en vient pour NGC dans les prochains mois?

On s’attend à ce qu’il y ait un bon potentiel et de nouvelles occasions d’affaires pour les drones. C’est un domaine en plein développement et j’ai très confiance! Nous sommes à la bonne place au bon moment!

PROBA-1, le premier d’une série de mini-satellites lancés par l’Agence Spatiale Européenne (ASE), a fêté son 15e anniversaire d’opération sans faille!

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NGC fournit un système de cartographie mobile appelé R3MS permettant d’obtenir une carte 3D colorisée géolocalisée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NGC AÉROSPATIALE EN BREF

Produits : systèmes de vision artificielle, de guidage, de navigation et de commande autonomes pour véhicules terrestres, aéronautiques et spatiaux.
Année de fondation : 2001
Nombre d’employés : 16
Lieu : Sherbrooke

Site Web : www.ngcaerospace.com

Propos recueillis par Stéphanie Trudel, coordonnatrice aux communications, CQI
© 2016, Carrefour Québec international. Tous droits réservés.

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